26.05.2008
Bêtise économique
"Aucune époque cependant ne s'est vue comme la nôtre, vivre son présent comme chargé d'un sens déjà historique", écrivait Pierre Nora en 1972, définissant l'avènement rapide d'un "présent historique", "fait du sentiment de participation des masses au destin national". Trente ans plus tard, cette analyse s'applique parfaitement à l'entreprise et à l'économie. Révélant l'émergence d'une participation nouvelle des médias et de l'opinion au destin des entreprises, la mise en événement médiatique soumet la crise de l'entreprise à une forme nouvelle de présent historique, certes, mais également de présent économique. Passé, présent, futur, voici également ici illustré, le brouillage d'historicité que traverse notre société, le "présentisme" que François Hartog a si bien décrit. " Ce n'est pas user de termes propres que de dire : il y a trois temps, le passé, le présent et l'avenir", analysait Saint Augustin. Peut-être dirait on plus justement : "il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent et le présent du futur. Car ces trois sortes de temps existent dans notre esprit et je ne les vois pas ailleurs. Le présent du passé, c'est la mémoire ; le présent du présent, c'est l'intuition directe, le présent de l'avenir c'est l'avenir".
Catherine Malaval - Robert Zarrader
Texte extrait de "La bêtise économique", Editions Perrin, mai 2008.
http://labetiseeconomique.wordpress.com
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